Communication scientifique : informer ou engager ?

Communication scientifique : informer ou engager ?

Pendant longtemps, la communication scientifique a reposé sur une idée simple : informer le public suffit à améliorer sa compréhension et à influencer ses comportements. Dans cette logique, la science produit des connaissances. Puis, les diffuse vers une société supposée les intégrer naturellement.

Mais cette vision est aujourd’hui largement remise en question. Malgré des campagnes d’information massives sur la santé, l’environnement ou les innovations technologiques, les changements de comportement restent parfois limités.

Ce constat a conduit les chercheurs en communication scientifique à repenser profondément leur approche. Et si le problème n’était pas seulement ce que l’on dit mais la manière dont on implique les publics ?

Le modèle de l’information : une logique efficace… mais insuffisante

Le modèle traditionnel de communication scientifique repose sur une approche dite “linéaire” . Les scientifiques produisent un savoir. Les experts le diffusent et le public le reçoit.

Ce modèle est souvent appelé modèle du déficit, car il suppose que le public “manque” simplement d’informations.

Cette approche a longtemps dominé les politiques de vulgarisation scientifique. Elle est intuitive, structurée et facile à mettre en œuvre. Pourtant, elle montre ses limites.

Un rapport d’étude sur la communication scientifique souligne que les comportements face à la science ne dépendent pas uniquement des connaissances. Ils dépendent aussi de facteurs sociaux, identitaires et émotionnels.

Concrètement, cela signifie qu’un individu peut comprendre un message scientifique sans pour autant y adhérer ou changer ses pratiques.

Du public récepteur au public acteur : le virage de l’engagement

Face à ces limites, une nouvelle approche s’est imposée progressivement : l’engagement du public dans la science.

Les travaux de Massimiano Bucchi et Brian Trench décrivent la communication scientifique non plus comme une transmission verticale, mais comme une “conversation sociale”.

Dans cette perspective, le public n’est plus considéré comme un simple récepteur d’informations, mais comme un acteur de la circulation des savoirs.

L’objectif change donc radicalement :

– passer de l’information à l’interaction ;
– passer de la transmission à la participation ;
– passer de l’expertise descendante au dialogue.

Cette évolution transforme profondément le rôle des communicateurs scientifiques. Ils ne sont plus seulement des traducteurs de la science, mais des médiateurs entre savoirs et sociétés.

Vers une communication scientifique plus participative et contextuelle

L’approche par engagement repose sur une idée centrale : la science ne prend sens que dans un contexte social.

Cela signifie qu’un même message scientifique peut être reçu différemment selon : 

– les réalités culturelles ;
– les expériences vécues ;
– le niveau de confiance envers les institutions et ;
– les contraintes quotidiennes des populations.

Ainsi, communiquer la science ne consiste plus seulement à expliquer, mais à adapter, écouter et dialoguer.

Cette transformation est particulièrement importante dans les contextes africains, où la diversité linguistique, les inégalités d’accès à l’information et la richesse des systèmes de croyances exigent des approches sensibles et contextualisées.

L’enjeu n’est plus seulement de rendre la science compréhensible, mais de la rendre utile, appropriable et engageante.

Informer ne suffit plus

La communication scientifique entre dans une nouvelle ère. Informer est nécessaire, mais reste insuffisant. L’efficacité ne dépend plus uniquement de la qualité du message scientifique, mais de la qualité de la relation entre la science et la société.

Les approches modernes montrent clairement que l’engagement du public permet de renforcer la compréhension, la confiance et l’appropriation des connaissances scientifiques. La question n’est donc plus seulement : “Que devons-nous dire ?” Mais “Comment faire en sorte que cela fasse sens pour ceux à qui nous parlons ?”

Vous souhaitez aller au-delà de l’information et réellement engager votre public ? African Science Communication Agency (ASCA) conçoit des approches interactives pour renforcer l’impact de votre communication scientifique.
Contactez ASCA au : info@asca.africa

Parce qu’au fond, la science n’est pas seulement une affaire de savoir. C’est aussi une affaire de lien.

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