L’Institut National de Santé Publique (INSP) a accueilli le mardi 14 avril 2025, un atelier national consacré à l’analyse des progrès et des performances en matière de santé de la reproduction, de santé maternelle, néonatale, infantile, des adolescents et de la nutrition (SRMNIA+N) pour la période 2022–2025 en Côte d’Ivoire.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale Countdown to 2030, qui mobilise des experts issus de 26 pays afin d’éclairer les décisions de santé publique à partir d’analyses rigoureuses des données. En Côte d’Ivoire, le programme est mis en œuvre par le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle (MSHPCMU), à travers l’INSP, avec l’appui de l’African Population and Health Research Center (APHRC).
Présidé par le Directeur de l’Information Sanitaire, Dr Adama Sanogo Pongathie, l’atelier a été marqué par la présentation de deux études majeures : l’analyse de l’évolution des indicateurs de santé entre 2022 et 2025, ainsi que l’étude sur l’abandon de la contraception moderne. Ces travaux ont été présentés respectivement par la Dre Denise Kpebo et le Dr Ekou Franck Kokora. Ils s’appuient sur les données de routine issues de la plateforme nationale District Health Information System 2 (DHIS2), un système open source de collecte, de validation et d’analyse des données sanitaires, avec des ajustements méthodologiques pour corriger les insuffisances liées à la complétude des rapports.
Des avancées notables, mais des disparités persistantes
Les données relatives au progrès et à la performance de la SRMNIA+N révèlent une amélioration de la couverture des services de santé maternelle entre 2024 et 2025. Toutefois, ces progrès restent en deçà des objectifs fixés pour 2026 et 2030, avec des écarts marqués entre certaines régions du Nord et de l’Ouest et la ville d’Abidjan. La situation de la santé infantile apparaît globalement plus favorable. Des avancées continues sont également observées en matière de nutrition, notamment une réduction de la malnutrition aiguë et du faible poids à la naissance. La couverture vaccinale demeure élevée à l’échelle nationale, malgré des disparités régionales à surveiller. Par ailleurs, une baisse significative de l’incidence des infections sexuellement transmissibles (IST) est constatée, bien que des zones frontalières continuent de présenter des niveaux plus élevés.
L’étude sur l’abandon de la contraception moderne à quant à elle, mis en évidence des disparités importantes selon le niveau d’instruction, le statut socio-économique et les tranches d’âge. Les méthodes telles que les injectables et les pilules enregistrent des taux d’abandon plus élevés que les implants. Les principales raisons évoquées sont les effets secondaires, la désapprobation du partenaire et la recherche de méthodes jugées plus efficaces.
Des recommandations pour accélérer les progrès
Face à ces constats, les experts ont formulé plusieurs recommandations clés :
- Renforcer la formation des prestataires de santé sur la gestion des effets secondaires des contraceptifs ;
- Améliorer la collecte des données, notamment dans le secteur privé et les structures sanitaires de niveau supérieur ;
- Orienter les financements vers les districts et régions les moins performants afin de réduire les inégalités ;
- Intensifier les actions de sensibilisation des adolescents sur les infections sexuellement transmissibles.
Un engagement collectif salué
À l’issue de l’atelier, Dre Agbré-Yacé Marie Laurette, co-investigatrice principale de Countdown to 2030 en Côte d’Ivoire, a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs impliqués. Elle a exprimé sa reconnaissance envers les participants, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les équipes de la Direction de l’Information Sanitaire (DIS) et de l’Agence Nationale de la Statistique (ANSTAT) pour leur collaboration.
Cet atelier marque une étape importante dans le suivi des engagements du pays en matière de santé, en mettant en lumière les progrès réalisés tout en appelant à une mobilisation accrue pour combler les écarts persistants.